Skip to content
1882

II

Jean LORRAIN

« SOUS les grands bois émus tu marchais triomphant « Et moi je te suivais par les fraîches Tempées. « Ton souffle m'emportait et, le front dans le vent « De tes vers, je chantais sans songer aux épées.

« Ton poème emplissait le monde encor enfant. « Farouche, précédant le troupeau des Napées « Je gagnais avec toi les larges échappées, « Sur les cimes, dans l'aube et le soleil levant.

« Le sang coule aujourd'hui de ton beau corps d'albâtre.» Elle dit ; ses bras nus, chargés d'un triple rang D'anneaux d'or, se tordaient sur sa robe bleuâtre Et les hommes avaient ce tableau déchirant :

Le front sanglant d'un dieu porté par une fée. La Muse au fond des bois pleurait la mort d'Orphée.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
II · Jean LORRAIN · Poetry Cove