Dans la fraîcheur et l'ombre, au fond du bois obscur,
Le bel Asiatique au front ceint de narcisses,
Se penchant sur la source, y plonge avec délices
L'urne retentissante au flanc sonore et dur.
Le poids du vase d'or enfonce dans l'azur
Les lotus, et l'éphèbe entre leurs lourds calices
Voit, claires comme l'eau, sous leurs longs cheveux lisses,
Les naïades sourire au fond du ruisseau pur ;
Et le blond Argonaute, à genoux sur la mousse,
Les regarde ondoyer dans l'onde errante et douce,
Ivre, et leur tend sa lèvre, et leurs bras sur son cou
L'attirent, et dans l'âpre ardeur du crépuscule
Hylas, sous l'eau complice où sonne un rire fou,
Boit l'amour de la femme en oubliant Hercule.