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1882

HYLAS

Jean LORRAIN

UNE amphore appuyée à son épaule ronde, Hylas, calme et superbe au fond du bois obscur, Incline en souriant son profil grave et pur Sur les joncs de la source et puise au fil de l'onde.

Sous ses sourcils profonds nagent deux yeux d'azur Et, sous les chauds rayons du couchant qui l'inonde, L'aspect froid et neigeux de sa nudité blonde S'anime et prend des tons savoureux de fruit mûr.

Sa toison d'or s'allume aux feux du crépuscule Et ses bras nus, polis par les baisers d'Hercule, Luisent comme deux lys au milieu des roseaux. Lui rêve et, sans songer que l'eau de source est fée,

Il est ravi d'entendre une voix étouffée Lui rire et l'appeler dans la clarté des eaux.

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