AU-DESSUS des chevaux cabrés de son quadrige
D'or vermeil, au-dessus des sommets radieux
Hélios avec l'aurore apparaît dans les deux,
Dans la gloire effrayante et pâle d'un prodige.
Avec deux profondeurs superbes dans les yeux
Il traverse l'azur, où sa toison voltige,
Tenant la grande lyre où dort l'oiseau vertige
Entre ses beaux bras nus de poète des dieux.
Le dieu chante et sourit. Un souffle de tempête
Le soulève… un grand vol d'aigles noirs sur sa tête
Tourbillonne, emporté dans ses fauves accords ;
Et, dans l'ombre, à ses pieds, la foule extasiée
Des songeurs éblouis, la face incendiée,
Râle et meurt longuement, criblés de ses traits d'ors.