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1882

HÉLIOS

Jean LORRAIN

AU-DESSUS des chevaux cabrés de son quadrige D'or vermeil, au-dessus des sommets radieux Hélios avec l'aurore apparaît dans les deux, Dans la gloire effrayante et pâle d'un prodige.

Avec deux profondeurs superbes dans les yeux Il traverse l'azur, où sa toison voltige, Tenant la grande lyre où dort l'oiseau vertige Entre ses beaux bras nus de poète des dieux.

Le dieu chante et sourit. Un souffle de tempête Le soulève… un grand vol d'aigles noirs sur sa tête Tourbillonne, emporté dans ses fauves accords ; Et, dans l'ombre, à ses pieds, la foule extasiée

Des songeurs éblouis, la face incendiée, Râle et meurt longuement, criblés de ses traits d'ors.

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