Dis-moi, rose couleur d'aurore, Quoi de plus charmant sous le ciel Que ton corset qui vient d'éclore Au matin, plein d'ambre et de miel ?
Il est de par la forêt verte Une belle aux cheveux d'or fin, Qui file à sa fenêtre ouverte Trois pâles écheveaux de lin.
Mes yeux l'ont vue à sa croisée, Ses veines sont faites d'azur, Son front de neige et son œil pur D'une goutte en pleur de rosée.
Et, comme le cygne des mers Surpasse en beauté l'hirondelle, Griseldis est encor plus belle Que la rose des buissons verts.
Quoi de plus doux après la course, Dis-moi, brun chevreuil aux abois, Que le flot glacé de la source, Où tu viens boire au fond des bois ?
Il est près des vertes fontaines Une lavandière aux bras blancs, Qui bat son linge au pied des chênes, Le soir, entre les joncs tremblants.
Sa taille est un grand lys qui penche, Ses cheveux sont en or filés, Sur la neige de l'avalanche On dirait la paille des blés
Et, comme un humble nid de mousse Est plus doux qu'un palais de rois, Griseldis est encor plus douce Que la source froide des bois.
Quoi de plus doux au clair de lune Dis, invisible rossignol, Que l'heure, où dans la forêt brune Ton chant amoureux prend son vol ?
Il est par la verte clairière Une enfant blonde aux longs cheveux, Dont les pas font de la lumière La nuit, au fond des chemins creux.
Son front semble poudré de givre, Ses grands yeux dans l'ombre agrandis Rayonnent, son haleine enivre Comme un parfum du Paradis ;
Et, comme la lune immortelle Est plus douce au ciel que la nuit, Griseldis est encor plus belle Que la forêt verte à minuit.
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