Skip to content
1882

GENÈVRE

Jean LORRAIN

QUAND elle eut descendu, le front blanc de terreur, La spirale effrayante et sans fin de l'abîme, Où gisaient effeuillés les lys de son honneur, La reine aux blonds cheveux connut alors son crime.

Et son passé d'amour et d'or lui fit horreur. Elle maudit alors, l'adultère Genèvre, Le vide de son âme et la soif de sa lèvre, Contre terre étendue aux pieds de son seigneur

Et ses longs cheveux roux épandus autour d'elle Faisaient un ruisseau d'or au seuil de la chapelle, Dans l'ombre, où se tordait la splendeur de son corps. Et lui, le cœur repris dans les molles caresses

De ce beau corps plaintif et de ces longues tresses, N'osa pas la frapper et bénit son remords.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
GENÈVRE · Jean LORRAIN · Poetry Cove