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1882

FLORENCE II

Jean LORRAIN

TOUT est mort, tes palais aux frêles campaniles, Que l'abandon emplit de son rêve argenté, Se taisent aujourd'hui, tristement immobiles Sous l'azur étouffant des longues nuits d'été.

Et si jamais le Dante, auprès du grand Virgile, Revenait à minuit, au faubourg écarté, Parcourir à pas lents et visiter sa ville, Son grand cœur florentin en serait attristé.

Seul au bord de l' Arno, suivant au clair de lune Les grands escaliers blancs qu'assombrit la nuit brune, Il irait frapper droit au palais de Bonis ; Et vous voyant absente au fond du foyer vide,

Il dirait, inclinant son beau front vers son guide : « Ils m'ont changé Florence et pris ma Béatrix ! »

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