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1887

FÊTE GALANTE

Jean LORRAIN

Ah ! si fines de taille, et si souples, si lentes . Dans leur étroit peignoir enrubanné de feu, Les yeux couleur de lune et surtout l'air si peu Convaincu du réel de ces fêtes galantes !

Ah ! le charmant sourire ailleurs, inattentif De ces belles d'antan, lasses d'être adorées Et graves, promenant, exquises et parées, L'ennui d'un cœur malade au fond seul et plaintif.

Qu'importe à Sylvanire et les étoffes rares Et les sonnets d'Orante et les airs de guitares, Qu'éveille au fond des parcs l'indolent Mezzetin ? Auprès de Cydalise à la rampe accoudée,

Sylvanire poudrée, en grand habit, fardée Sait trop qu'Amour, hélas ! est un songe lointain.

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