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1883

DIANE

Jean LORRAIN

La lune est claire au ciel, et, de neige pâlie, La chaîne à l'horizon des monts de Thessalie Brille dans l'air muet : la chasse est loin encor. Sous sa veste brodée errant de roche en roche

Le pâtre grec, épris des souvenirs d'Athor, En vain cherche à surprendre un vague appel de cor : Les dieux, qu'il a trahis, évitent son approche. Diane a déserté les bois de Cythèron

Et sur sa trace ont fui les nymphes et l'émeute Des trompes et des cerfs éventrés par la meute… Elle a cédé l'Hellade au nain vert d'Obéron ; Et les monts de Judée et le torrent Cédron

Voient, les vendredis saints, hurlante, échevelée Passer la meute en feu de la grande exilée.

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