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1887

DEVANT UN LARGILLIÈRE

Jean LORRAIN

Au fond d'un ancien parc, idéal Empyrée, Une svelte marquise, ÉLiante ou Chloris, D'un flot de clairs satins aurore et bleu d'iris Dresse un front rayonnant de déesse poudrée.

Un sourire hautain sur la lèvre pourprée, Les yeux d'un noir de jais par le fard attendris, Au front le croissant d'or étoile de rubis Et le carquois d'argent sur l'épaule nacrée,

La déesse apparaît en superbe apparat ; Mais malgré l'arc d'ébène et le grand air sauvage, La femme, qu'un Bourbon, roi de France, aimera, La favorite rit dans cet altier visage,

Diane est Cythérée et, comme à l'Opéra, Au fond du parc ombreux brûle un beau ciel d'orage.

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