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1885

DANSEUSE

Jean LORRAIN

Délicat, mince et grave… au front une topaze Rose avec trois rubis s’étoilant sur la peau, Le petit duc est là, sous son frêle oripeau De danseuse, émergeant d’une écume de gaze.

La boutonnière en fleur, habit noir, le chapeau Claque au bras, la Gomme, elle, aux premiers rangs s’écrase Tandis qu’au fond du hall la livrée en extase Attend, les yeux béants, le lever du rideau.

Et la frêle danseuse adorable entre en danse ; Sa taille plie, ondule, et son pied en cadence Retombe sur la pointe. Elle agite la main,

Comme appelant dans l’ombre une morte invisible ; Et les rouges rubis semblent du sang humain Sur son sein droit et plat, offert comme une cible.

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DANSEUSE · Jean LORRAIN · Poetry Cove