Aux sons des cors vengeurs la chasse errante et blême
S'enfonce à l'horizon des vieux monts de Bohême
Et là, sous les pins noirs, dans un ravin pierreux
Une fois l'an fait halte, et la meute damnée
Va pouvoir enfin boire au torrent sulfureux
Et, lasse, Hérodiade enfin de ses yeux creux
Va pouvoir essuyer les pleurs de l'autre année,
Quand tinte au clair de lune une cloche de fer
Fêlée, en rugissant la meute vagabonde
Détale, un vent maudit l'emporte et dame Habonde,
Cadavre au ciel errant, remonte et fuit dans l'air,
Emportant dans la trombe et le regret amer
Du passé, le cortège aujourd'hui satanique
Et jadis adoré de la déesse Unique.