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1883

DAME HABONDE

Jean LORRAIN

Aux sons des cors vengeurs la chasse errante et blême S'enfonce à l'horizon des vieux monts de Bohême Et là, sous les pins noirs, dans un ravin pierreux Une fois l'an fait halte, et la meute damnée

Va pouvoir enfin boire au torrent sulfureux Et, lasse, Hérodiade enfin de ses yeux creux Va pouvoir essuyer les pleurs de l'autre année, Quand tinte au clair de lune une cloche de fer

Fêlée, en rugissant la meute vagabonde Détale, un vent maudit l'emporte et dame Habonde, Cadavre au ciel errant, remonte et fuit dans l'air, Emportant dans la trombe et le regret amer

Du passé, le cortège aujourd'hui satanique Et jadis adoré de la déesse Unique.

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