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1885

COQUINES

Jean LORRAIN

Avec des gestes de coquines Les petites femmes des bars Versent aux snobs des boulevards Des poisons verts dans des chopines.

En jerseys collants, en basquines, Deux grands yeux fous, comme hagards, Sous des frisons d’or clair épars, Ce sont les sveltes arlequines

Des longs Pierrots en habit noir, Qu’avec des gestes de coquines Ces chattes blanches et taquines Attirent près de leur comptoir.

Leurs mains perversement câlines En servant ont d’heureux hasards Et leurs bouches rouges de fards Ont des paroles si félines,

Qu’on est fou de ces libertines Qui, raillant dans le chaud boudoir L’entreteneur en habit noir, Une fois seules, les coquines,

S’entre-baisent en colombines, Les seins nus devant leur miroir.

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