UN beau jour d'ouragan, où l'aile des tempêtes
Dans des vagues de lait noiera les fiers récifs
Et fera tournoyer des lambeaux de mouettes
Sanglantes dans l'écume avec des cris plaintifs,
Où les chevaux marins sous le vent qui les fouette
Le poitrail ruisselant, se cabreront rétifs,
Nu, sauvage, au premier qui dressera la tête,
Je bondis et m'accroche à ses crins convulsifs.
Là de ma lance d'or, ô farouche hippocampe,
Au creux de ton flanc nu j'enfoncerai la hampe,
Moi l'archange exilé, fils des gouffres amers.
Et nous irons tous deux, monture échevelée,
Ivres de désespoir, de rage et d'eau salée,
Toi vaincu, moi vainqueur, à la fille des mers.