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1882

CHANT D'HAROLD II

Jean LORRAIN

UN beau jour d'ouragan, où l'aile des tempêtes Dans des vagues de lait noiera les fiers récifs Et fera tournoyer des lambeaux de mouettes Sanglantes dans l'écume avec des cris plaintifs,

Où les chevaux marins sous le vent qui les fouette Le poitrail ruisselant, se cabreront rétifs, Nu, sauvage, au premier qui dressera la tête, Je bondis et m'accroche à ses crins convulsifs.

Là de ma lance d'or, ô farouche hippocampe, Au creux de ton flanc nu j'enfoncerai la hampe, Moi l'archange exilé, fils des gouffres amers. Et nous irons tous deux, monture échevelée,

Ivres de désespoir, de rage et d'eau salée, Toi vaincu, moi vainqueur, à la fille des mers.

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