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1882

BATHYLLE

Jean LORRAIN

AU fond d'un bouge obscur, où boivent des marins, Bathylle, le beau Thrace aux bras sveltes et pâles, Danse au bruit de la flûte et des gais tambourins. Ses pieds fins et nerveux font claquer sur les dalles

Leurs talons teints de pourpre, où sonnent des crotales Et, tandis qu'il effeuille en fuyant brins à brins Des roses, comme un lys entr' ouvrant ses pétales, Sa tunique s'écarte aux rondeurs de ses reins.

Sa tunique s'écarte et la blancheur sereine De son ventre apparaît sous sa toison d'ébène. Bathylle alors s'arrête et, d'un œil inhumain Fixant les matelots rouges de convoitise,

Il partage à chacun son bouquet de cythise Et tend à leurs baisers la paume de sa main.

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