BRISEÏS a seize ans : son front veiné d'iris
A la douce pâleur des aubes matinales
Et ses pieds transparents aux doigts cerclés d'opales
Font rêver au calice étincelant des lys.
Elle songe au Scamandre où, dans les joncs fleuris
Elle se baignait nue, au temple aux larges dalle
Où ses pieds bondissaient au son clair des crotales
Ses pieds nus, aujourd'hui de lourds joyaux meurtris.
Elle revoit en rêve au fond des crépuscules
Le chœur plaintif et doux des blanches hiérodules,
Chantant l'hymne du soir sous les cieux solennels
Et, triste au souvenir de ses vœux éternels,
Sous ses bras nus d'enfant, serrés de bandelette,
Pour mieux pleurer sa honte, elle voile sa tête.