ATHYS, rêveur et las sous sa tunique peinte
D'astres d'or, erre auprès des larges nénuphars.
Il a fui de son temple et ses pas aux hasards
Vont froissant aux roseaux sa robe d'hyacinthe.
Ses cheveux noirs et gras sont nattés avec art,
Des serpents familiers de leur humide étreinte
Caressent ses bras nus lavés de térébinthe
Et son torse olivâtre est bruni par le fard.
Debout devant la source, il ouvre sa tunique,
S'embrasse du regard et d'un geste cynique
Insultant, plein d'horreur, à sa virilité :
« Que n'ai-je tes blancheurs de neige et de troènes,
« O femme, et tes seins ronds, comme deux coupes pleines,
« Au lieu de cette infâme et plate nudité ! »