Skip to content
1885

ANÉMIE

Jean LORRAIN

Tout en dentelles d’or, d’un blême damara De l’Inde enlinceulée, avec un fier sourire Éclairant la pâleur de sa face de cire, L’enfant reine agonise en superbe apparat,

Torturés de joyaux ses frèles petits bras Étreignent sur son cœur de fillette en délire Des écrins, sa poupée et, trop faible pour lire, Des traités de blasons traînant là sur ses draps.

Trop fine, trop nerveuse, exsangue et déjà lasse De vivre, ayant vécu le passé des aïeux Dont l’indomptable orgueil éclate dans ses yeux, Elle a l’étrange attrait, la maladive grâce

Des verres de Venise aux tons faux, précieux Et la fragilité de la fin d’une race.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
ANÉMIE · Jean LORRAIN · Poetry Cove