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1885

AMOUR PUR

Jean LORRAIN

Elle est rousse, un peu maigre : un glauque caftan vert Aux grands plis moirés d’ombre, ainsi qu’une eau dormante De sa cheville grêle à sa nuque charmante, Suaire étroit, l’étreint, à l’aisselle entr’ouvert.

Dans la fraîche harmonie adoucie et calmante Des peupliers feuillus, dressés sur un ciel clair, Pieds nus dans l’herbe haute, elle pose en plein air Devant l’heureux rapin, qui la croit son amante.

L’homme est joyeux, ravi : l’ombre d’un vieux bouleau La baigne en avivant le rose de sa peau : Elle songe à Montmartre où, sous le froid qui tue, Chétive, en waterproof, en souliers prenant l’eau,

Elle faisait le quart, adorée et battue Par la Terreur d’Ivry, Rouquin dit Bonneteau

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AMOUR PUR · Jean LORRAIN · Poetry Cove