AUSSI nous irons tous portant de larges palmes,
Tant que le ciel des arts sur nos fronts entr ouvert
Brillera dans un songe au-dessus des deux calmes
Nous et l'enfant demain, comme l'aïeul hier,
Nous irons sur tes pas, douloureux troupeau d'âmes,
Ravis, de leur souffrance heureux d'avoir souffert,
Leur dresser un tombeau de marbre au bord des lames
Sous un ciel d'Italie en face de la mer…
Sous des fleurs de lilas neigeant dans un ciel rose
Des palmes, l'infini… voilà l'apothéose
Où tu souris, chanteur ému des temps anciens,
Et, pensif, aux doux sons des luths et des violes,
Un cortège éclatant d'archanges en étoles
Te suit dans l'or en feu des ciels vénitiens !