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1882

A UN MAÎTRE I

Jean LORRAIN

MAÎTRE puissant et doux, qu'un laurier vert décore, Et qui marches portant une gerbe de lys Merveilleux, lys de gloire au cœur rempli d'aurore, Que tes mains dans le drame et le rêve ont cueillis,

La Foi, cette proscrite, en toi sourit encore Et l'Amour, ce damné, baise tes pieds meurtris ; Car deux noms immortels, que l'univers adore Vibrent baignés de pleurs- dans tes chants attendris.

Ô Faust, ô Roméo, balcon de Juliette, Jardin de Marguerite irradié d'amour, Longs adieux dans Vérone au chant de l'alouette, O tombe nuptiale, ô penseur, ô poète,

Sois béni, car ces lys fermés sous la tempête, Toi seul en les touchant les fit éclore au jour.

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