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1896

UNE GOUTTE D'EAU

Jeanne LOISEAU

Élément merveilleux, source, miroir ou flamme, Flot d'azur qu'un rayon du ciel peut embraser, Dans ton sein palpitant tu dois cacher une âme, Vive, douce pourtant, et prompte à s'apaiser.

Ne dit-on pas : « Changeant comme l'onde et la femme » ? Contre le roc ému la mer vient se briser ; L'écume que, farouche, élève chaque lame, Sur les fleurs, dans la nuit, descend comme un baiser.

Roulant au flanc des monts, la cascade légère Semble glisser gaîment sur les lits de fougère ; Le ruisseau chante ou pleure à travers les forêts. Rien n'a tant de pouvoir et rien n'a tant de charme.

O pure goutte d'eau, qui dira tes attraits ? N'es-tu pas l'Océan ?… N'es-tu pas une larme ?

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