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1896

PENSÉES D'AUTOMNE

Jeanne LOISEAU

Le jour est passé ; la nuit est venue Sous son grand manteau tout de noir velours ; La brume obscurcit la longue avenue… Mais, tout bas, mon cœur, qui t'aime toujours,

Chante la chanson de toi bien connue. Le soleil s'éteint ; la pluie est venue, Ses voiles tremblants flottent sur les bois ; L'horizon brouillé se perd sous la nue…

En moi doucement murmure une voix, Une voix d'amour, de toi bien connue. L'été s'est enfui ; la neige est venue ; L'infini silence emplit nos forêts,

La lune pâlit leur cime chenue… Mon cœur se souvient : elle a tant d'attraits, L'histoire d'hier, par toi bien connue ! Les ans passeront. Quand sera venue

La mort, qui clora mes yeux pour jamais, Qu'alors dans ta main ma main soit tenue, Afin que mon âme, ô toi que j'aimais, S'endorme en l'extase où tu l'as connue.

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