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1896

LES SENTIMENTS

Jeanne LOISEAU

La France, traversant de tragiques journées, Vit placer la Raison sur les divins autels ; Pourtant la froide reine, aux foules prosternées, Ne saurait imposer des décrets immortels.

Son règne achèverait soudain nos destinées ; Contre le sphinx obscur nous cesserions nos duels ; Quittant leurs vains espoirs, nos âmes résignées Ne s'élanceraient plus vers de merveilleux ciels.

Car nous marchons guidés par un sublime rêve Qui, flottant à nos yeux et reculant sans trêve, Se transforme toujours, mais sans pâlir jamais. Et les Sentiments seuls, en nous prêtant des armes,

Nous mènent à l'assaut de tous les hauts sommets. Pour conquérir les cœurs, Jésus versa des larmes.

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