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1896

LES PYRAMIDES

Jeanne LOISEAU

Quand l'Égypte éleva ses hautes Pyramides, Son orgueil a dressé, vers la face des cieux, Au néant, le défi le plus audacieux Qui jamais ait surgi de nos âmes timides.

Quand seront condensés les éléments humides Sur notre globe éteint, froid et silencieux, Ces monuments hardis d'un rêve spécieux Survivront seuls, debout dans les déserts numides.

Or ils furent construits en l'honneur de la Mort. C'est un suprême instinct qui dicta cet effort : La Mort transforme, crée, et n'a point d'épouvante. Chaque temple verra s'obscurcir son flambeau,

Car tous les dieux mourront… La Mort seule est vivante, Et ce qui doit rester sur terre est un tombeau.

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