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1896

LES PREMIERS AGES

Jeanne LOISEAU

Quels rêves insensés, formés par les poètes, Ont placé l'âge d'or au berceau des humains ? Nous avons vu s'éteindre, en nos lentes conquêtes, Les siècles par milliers sur nos sombres chemins.

Nous avons combattu de monstrueuses bêtes, Nous avons labouré le sol avec nos mains, Nous avons succombé dans de mornes défaites Sans avoir entrevu les brillants lendemains.

De l'animalité nous dégageant à peine, Alors que nous traînons encor sa lourde chaîne, Pourquoi ce vain regret allant vers le passé ? L'avenir seul est plein de visions sublimes.

Puisqu'un si profond gouffre est enfin traversé, C'est qu'il n'est plus pour nous d'inaccessibles cimes.

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