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1896

LE TEMPS

Jeanne LOISEAU

Saisis du vain regret des grands songes antiques, Parfois nous repeuplons nos Olympes déserts : Erreur des aïeux morts hantant nos cœurs mystiques ! Le Temps, dernier des dieux, chancelle au sein des airs.

L'atome, obéissant aux forces despotiques, Dans l'abîme infini n'a point d'âges divers ; L'horloge suspendue aux éternels portiques Marque une heure immuable à l'immense univers.

Le passé, l'avenir ‒ inconstantes chimères ‒ Troublent par leurs aspects des êtres éphémères Qui naquirent hier et périront demain. Quel sens auraient ces mots pour la matière sombre,

Qui, soumise à jamais aux changements sans nombre, N'a point eu d'origine et n'aura point de fin ?

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