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1896

LE BUT FINAL

Jeanne LOISEAU

Pour qui travaillons-nous, ouvriers sans salaire ? Ah ! le savoir au moins, ce serait bon, pourtant ! Voir le but, quel qu'il soit, rendrait enfin content Le cœur humain, gonflé d'espoir et de colère.

Si tout n'est pas perdu de l'œuvre séculaire, Nous lutterons encor, jour à jour, en chantant, Pour porter jusqu'aux cieux l'édifice éclatant Du progrès éternel, que le temps accélère.

Hélas ! le besoin vil d'apaiser notre faim, La lutte pour la vie, est la suprême fin Vers qui tend tout l'effort de nos âmes hautaines. L'esprit subtil y va par des chemins divers,

Et, malgré la fierté des visions lointaines, Nos douleurs sont sans fruit pour l'immense univers.

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