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1896

LA VIE

Jeanne LOISEAU

Quand nous tournons les yeux vers les débuts du monde, Songeant aux êtres vils qui peuplèrent les eaux, Nous disons : « Dieu frappa plus d'une race immonde, Puis il fit naître l'homme après les grands oiseaux. »

Et plus tard, entr'ouvrant quelque couche profonde, Et trouvant dans le sol les débris de nos os, Un enfant plus parfait de la terre féconde Reniera notre sang, notre âme et nos travaux.

Pourtant nous sommes fils des monstres de l'abîme, Et d'héritiers plus purs l'Humanité victime A son tour périra pour leur donner le jour. La route du progrès pas à pas est suivie.

Dans l'univers, ainsi qu'en notre étroit séjour, S'enchaînent sans repos les formes de la vie.

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LA VIE · Jeanne LOISEAU · Poetry Cove