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1896

LA PANOPLIE

Jeanne LOISEAU

Vers l'angle où l'ombre douce attire le regard, Dans la pourpre enchâssé, l'acier pur étincelle ; On dirait qu'un sang frais en longs filets ruisselle Sur le tranchant aigu du clair et fin poignard.

Le courbe yatagan lance un éclair hagard ; Sa gaîne s'est usée à battre sur la selle ; Et cette svelte dague, arme charmante, est celle Où Tolède épuisa son adresse et son art.

Toutes les voici donc, l'atroce avec l'exquise, Chacune ayant été par vous au loin conquise, Ces lames dont la pointe aime à percer les chairs. Leur lit d'obscur velours les porte inassouvies,

Car des cruels baisers qui leur furent si chers La soif les brûle encor, ces buveuses de vies.

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LA PANOPLIE · Jeanne LOISEAU · Poetry Cove