Ces spectres ! on dirait en vérité des morts,
Tant leur face est livide et leurs mains sont glacées.
Ils vivent cependant : ce sont mes trois remords.
Que ne puis-je tarir le flot de mes pensées,
Et dans l'abîme noir et vengeur de l'oubli
Noyer le souvenir des ivresses passées !
J'ai brûlé les parfums dont vous m'aviez empli ;
Le flambeau s'est éteint sur l'autel en ruines ;
Tout, fumée et poussière, est bien enseveli.
Rien ne renaîtra plus de tant de fleurs divines,
Car du rosier céleste, hélas ! sans trop d'efforts,
Vous avez bu la sève et tranché les racines.
Ces spectres ! on dirait en vérité des morts !