Skip to content
1862

Le Vœu suprême

Charles-Marie LECONTE DE LISLE

Certes, ce monde est vieux, presque autant que l'enfer. Bien des siècles sont morts depuis que l'homme pleure Et qu'un âpre désir nous consume et nous leurre, Plus ardent que le feu sans fin et plus amer.

Le mal est de trop vivre, et la mort est meilleure, Soit que les poings liés on se jette à la mer, Soit qu'en face du ciel, d'un œil ferme, et sur l'heure, Foudroyé dans sa force, on tombe sous le fer.

Toi, dont la vieille terre est avide, je t'aime, Brûlante effusion du brave et du martyr, Où l'âme se retrempe au moment de partir ! O sang mystérieux, ô splendide baptême,

Puissé-je, aux cris hideux du vulgaire hébété, Entrer, ceint de ta pourpre, en mon éternité !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Le Vœu suprême · Charles-Marie LECONTE DE LISLE · Poetry Cove