Skip to content
1884

L'Astre rouge

Charles-Marie LECONTE DE LISLE

SUR les Continents morts, les houles léthargiques Où le dernier frisson d'un monde a palpité S'enflent dans le silence et dans l'immensité ; Et le rouge Sahil, du fond des nuits tragiques,

Seul flambe, et darde aux flots son œil ensanglanté. Par l'espace sans fin des solitudes nues, Ce gouffre inerte, sourd, vide, au néant pareil, Sahil, témoin suprême, et lugubre soleil

Qui fait la mer plus morne et plus noires les nues, Couve d'un œil sanglant l'universel sommeil. Génie, amour, douleur, désespoir, haine, envie, Ce qu'on rêve, ce qu'on adore et ce qui ment,

Terre et Ciel, rien n'est plus de l'antique Moment. Sur le songe oublié de l'Homme et de la Vie L'Œil rouge de Sahil saigne éternellement.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'Astre rouge · Charles-Marie LECONTE DE LISLE · Poetry Cove