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1914

TRIOLETS À MA MIE

Charles LE GOFFIC

Puisque je sais que vous m’aimez, Je n’ai pas besoin d’autre chose. Mes maux seront bientôt calmés, Puisque je sais que vous m’aimez

Et que j’aurai les yeux fermés Par vos doigts de lys et de rose. Puisque je sais que vous m’aimez, Je n’ai pas besoin d’autre chose.

Je voudrais mourir à présent Pour vous avoir près de ma couche, Allant, venant, riant, causant. Je voudrais mourir à présent,

Pour sentir en agonisant Le souffle exquis de votre bouche. Je voudrais mourir à présent Pour vous avoir près de ma couche.

S’il fallait, comme au temps jadis. Franchir des monts, sauter des fleuves. Combattre en plaine un contre dix. S’il fallait, comme au temps jadis,

Jouer pour vous les Amadis, Mon cœur bénirait ces épreuves. S’il fallait, comme au temps jadis. Franchir des monts, sauter des fleuves.

Jasmins d’Aden, œillets d’Hydra, Ou roses blanches de l’Écosse, Fleurs d’églantier, fleurs de cédrat, Jasmins d’Aden, œillets d’Hydra

Dites-moi les fleurs qu’il faudra, Les fleurs qu’il faut pour notre noce, Jasmins d’Aden, œillets d’Hydra, Ou roses blanches de l’Écosse.

Sur les lacs et dans les forêts, Pieds nus, la nuit, coûte que coûte, J’irais les cueillir tout exprès, Sur les lacs et dans les forêts.

Hélas ! et peut-être j’aurais Le bonheur de mourir en route. Sur les lacs et dans les forêts, Pieds nus, la nuit, coûte que coûte…

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