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1914

RONDES

Charles LE GOFFIC

Tes pieds sont las de leurs courses. Voici le temps des regrets. L’automne a troublé les sources Et dévêtu les forêts.

Toutes les fleurs que tu cueilles Meurent dans tes doigts perclus. Comme elles tombent, les feuilles, Au bois où tu n’iras plus !

L’automne, hélas ! c’est l’automne. Songe aux longs soirs attristants. Là-bas, en terre bretonne, Les glas tintent tout le temps.

Ils tintent pour l’agonie Des fleurs que tu préférais. Ah ! ta moisson est finie ! Voici le temps des regrets…

Couche-toi devant ta porte. Voici le temps des adieux. Écoute au ras de l’eau morte Siffler les tristes courlieux.

Ils traînent leurs ailes brunes Et leur long corps efflanqué Sur la torpeur des lagunes Entre Perros et Saint-Ké.

Mais demain, ce soir peut-être, Tous ces longs corps amaigris, Tu les verras disparaître Un par un dans le ciel gris.

O l’amère parabole ! Éteignez-vous, pauvres yeux ! Les courlis gagnent le pôle : Voici le temps des adieux…

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