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1914

PLEINE NUIT

Charles LE GOFFIC

Tandis que la Nuit monte ainsi qu’une marée Sur les grèves du ciel silencieusement, Emplis tes yeux profonds de sa splendeur sacrée Et ton cœur orageux de son apaisement

Déjà, comme une nef, le croissant de la lune Tend sa voile de nacre et fend l’air aplani ; Tous ces astres, là-haut, ce sont les feux de hune Des escadres de l’Infini.

Ô signaux lumineux des étoiles filantes ! Non, non, vous n’êtes pas un assemblage vain, Météores rayant le front des nuits brûlantes, Fulgurants radios du navarque divin.

Comme au temps où son geste enchaînait la rafale, Nos yeux, si l’Au-Delà s’ouvrait à leur regard. Verraient, sur le tillac de la barque amirale, Jésus assis au banc de quart.

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