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1914

MEMORANDA

Charles LE GOFFIC

Les jours lumineux de nos fiançailles, Les beaux jours que rien n’est venu ternir, Mon cœur, ô mon cœur, comme tu tressailles À leur souvenir !

Ô la triste vie, ô la vie amère, Comme j’ai souffert avant ces jours-là ! Hélas ! à part toi, ma mère, ma mère. Qui me consola ?

Songes-y, mon cœur, ô cœur fier de battre, Songe à ce passé plein de désarroi. Les remords confus qui hantaient mon âtre, Rappelle-les-toi !

Et toute ma vie et ses équivoques, Mes longues erreurs à travers l’amour, Il faut, ô mon cœur, que tu les évoques Chacune à son tour.

Car elle a tout su des maux que tu caches. Un par un compté mes pas inquiets, Et tu serais, toi, le dernier des lâches Si tu l’oubliais.

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