Skip to content
1914

LE MANOIR

Charles LE GOFFIC

Mon cœur est un manoir croulant et solitaire, Un vieux manoir perdu de l’antique Occident Entre qui veut ! Le vent, la brume et le mystère Par ses corridors vont rôdant.

Ils sont chez eux dans ce vieux cœur mélancolique, Haut et profond et tout tapissé de regrets. Dans l’ombre, pour ne pas heurter quelque relique, Leurs pas se font lents et discrets.

Mais toi qui viens si tard dans ma vie et qui portes, Comme une torche d’or, ta jeunesse à la main, Reste au seuil de mon cœur ; ne franchis pas ses portes : Sois la passante du chemin.

Sois celle dont on dit : « Je l’eusse aimée » et celle Qu’on suit d’un long regard songeur, presque attristé, Puis qu’on oublie et qui pourtant laisse après elle Comme un sillage de clarté.

C’est assez pour mon cœur. L’ombre peut redescendre : Le vieux manoir perdu qui n’a plus d’habitants Gardera jusqu’au soir sur sa face de cendre Le reflet blond de tes vingt ans.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE MANOIR · Charles LE GOFFIC · Poetry Cove