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1914

ÉPITAPHE POUR LISE BELLEC

Charles LE GOFFIC

Approche — la fraîcheur de l’enclos t’y convie — Et, sur ce marbre noir, épèle ce nom d’or : Celle qui le portait, passant, fut dans la vie La confidente de la Mort.

On eût dit qu’un reflet de l’Érèbe celtique Tremblait dans son regard phosphorescent et doux. Que n’as-tu pénétré sous son porche rustique Et pu l’entendre comme nous !

Cette Parque en exil parmi nos paysannes Eût fait passer en toi le frisson du divin… Or, mêlée à son tour au peuple errant des mânes, Elle n’est plus qu’un souffle vain.

Mais les graves devis qu’égrenait sa voix lente. Ses légendes, ses chants, tout son verbe sacré, Écho mystérieux de la Cité dolente, Le meilleur d’elle est demeuré.

Cesse d’interroger une cendre muette : Comme renaît la flamme en un autre flambeau, Lise revit plus belle aux pages du poète Qui lui dédia ce tombeau.

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