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1914

EN PARTANCE

Charles LE GOFFIC

Viens-t’en nous aimer ailleurs, N’importe où, mais loin des villes ; Viens-t’en sous des deux meilleurs. Ici les âmes sont viles,

Ici le vent est chargé De conseils bas et serviles ; Ici j’ai le cœur rongé D’un mal indéfinissable :

Je ne sais pas ce que j’ai. O chants des flots sur le sable, Vous m’aurez bientôt guéri, Si mon cœur est guérissable ;

Si mon cœur endolori Trouve au bord des eaux calmantes, Si mon cœur trouve un abri. Et toi, la fleur des amantes.

Flambeau de ma vie, ô toi, Mon conseil dans les tourmentes, À ce cœur en désarroi Donne un peu de ton courage

Et donne un peu de ta foi ! Les vents mauvais ont fait rage. Toutes mes amours, débris ! Et tous mes bonheurs, mirage !

Mon cœur, des bourreaux l’ont pris, Traîné, piétiné, de sorte Qu’il n’est que haine et mépris. Ô rêves morts, candeur morte !

Lui ne s’est pas débattu, Tant sa souffrance était forte ! Longtemps, longtemps, il s’est tu. Pas une plainte ; aucun geste.

Sois-lui fidèle : vois-tu, C’est le seul bien qui lui reste.

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