Skip to content
1914

DÉDICACE

Charles LE GOFFIC

Maître très cher, s’il vous plaît, Écoutez ma patenôtre. Voici ma « Payse » : elle est Bien peu digne de la vôtre.

Celle que chantaient vos vers Eut les forêts pour marraines Et gardait dans ses yeux verts La fraîcheur des eaux lorraines.

Ce qu’en elle nous aimons, C’est la sœur et c’est l´amie : Au milieu des goémons La mienne s´est endormie.

Je me suis longtemps penché Sur son tragique visage : L’aile noire du péché L’avait frôlée au passage.

Et mes yeux, mes tristes yeux, Retrouvaient dans sa prunelle La muette horreur des lieux Que baigne une ombre éternelle.

C’est une âme d´occident, Farouche, intraitable et prompte. Considérez cependant Qu’elle est morte de sa honte.

Elle est morte au temps d’avril… Vous oublierez tout le reste, Maître aimé chantre viril De la forte vie agreste,

Et vos doigts levés feront, Quand tout espoir l’abandonne, Indulgemment, sur son front, Le doux signe qui pardonne.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
DÉDICACE · Charles LE GOFFIC · Poetry Cove