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1914

À UNE NORMANDE

Charles LE GOFFIC

Adieu, mon joli cœur de rêve ! Souvenez-vous du Val-André Et de l’heure exquise et trop brève Où le soir mourait sur la grève

Comme un andante de Fauré. D’où veniez-vous, mon gentil page ? De Criquetot… ou de Paris ? Moi j’arrivais d’un long voyage

Au pays des cœurs en veuvage, Au pays des cœurs défleuris. C’est là-bas sur une âpre côte, Chez un vieux peuple aux yeux d’enfant.

À basse mer comme à mer haute, L’amour à toute heure y sanglote : Rien qu’à l’ouïr, le cœur se fend. Avant que le ciel ne se brouille,

Partez, mon cœur, mon cœur joli. La brume file sa quenouille ; Craignez l’automne aux doigts de rouille, Tisseurs de silence et d’oubli.

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