La Musc ardente qui vous mène Ne chemine point au hasard ; Ami, dans son large domaine, Vous avez pris la bonne part.
A d'autres les romans frivoles, Les vers plaintifs ou damerets. Les larmes qu'on verse en paroles. Les petits tableaux indiscrets,
Les bazars où l'on fait emplette De vieux ors et de vieilles fleurs. Les mensonges de la palette Et le cliquetis des couleurs !
Vous avez eu plus haute idée Que tous ces rimeurs fainéants. Vous avez choisi la Vendée Et ses batailles de géants.
J'applaudis !… Et je vous envie. Si ; dès l'aube, alerte et dispos J'eusse été maître de ma vie, Je vous aurais pris vos héros.
Enfant, j'aimais les nobles causes. Leurs grands vaincus, leurs fiers soldats ; Je faisais des apothéoses, Caton, Brutus, Léonidas.
Quand j'eus mieux appris notre histoire, J'eus vite oublié les Catons ; J'aurais voulu chanter la gloire Des Vendéens et des Bretons.
Ma muse a manque de courage : J'ai pris de plus humbles sentiers, Ami, les géants du Bocage Resteront à vous tout entiers.
Bâtissez ou chapelle ou temple A ces grands vaincus triomphants ; Afin qu'ils demeurent l'exemple Et le salut de nos enfants.
Ah ! sainte Jeanne, ma patronne, Jeanne sur qui j'ai tant pleuré, Nul de mes livres — oh ! pardonne ! — Ne portera ton nom sacré.
Mais Jeanne est la France elle-même, C'est trop pour ma débile main ; Et la splendeur de son poème Dépasse tout langage humain.
Son souvenir, je vous l'envoie ! Répandons-le de tous côtés Pour donner un éclair de joie Aux morts que vous avez chantés.
Si nous les nommons tous ensemble, Us sortiront de leurs tombeaux ; Ces morts ! il faut qu'on leur ressemble, Et notre avenir sera beau.
Donc, tous deux, en fermant ce livre, Tous deux purs des honteux trafics. Dans la bataille qui se livre, Donnons le mot d'ordre de nos fils.
Sur leur bannière bien gardée, Inscrivons, en allant au feu. Ces mots : JEANNE D'ARC et VENDÉE, Autrement dit : LA FRANCE et DIEU.
Cookies on Poetry Cove