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1877

PETIT ENFANT, PETIT OISEAU

Victor LAPRADE

Petit enfant, petit oiseau ! Quand tu fredonnes dans ma chambre, Je me crois en plein renouveau, Fût-ce aux tristes jours de décembre.

Petit oiseau, petit enfant ! Les murs noirs, les pages méchantes, L’ennui, le brouillard étouffant, Tout s’éclaircit lorsque tu chantes.

Il fait soleil dans la maison Sur chaque meuble où tu te poses ; Ton sourire à chaque saison Donne des lilas et des roses.

Je cesse un moment de souffrir ; Tes baisers sont mes seules trêves. Dans tes yeux je vois se rouvrir Le ciel clos de mes anciens rêves.

Des fleurs vives de ta gaité Dieu veut que ma force renaisse… Sitôt que l’enfant a chanté, Le père a repris sa jeunesse.

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