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1855

LE RENOUVEAU

Victor LAPRADE

Avril en fleur nous invite à l’espoir ; Sur nos pommiers l’oiseau s’est fait entendre ; C’est le printemps !… J’ai cru ne pas le voir… À son appel mon cœur se laisse prendre.

Je vais aux champs : le soleil est si beau, Tout est si vert et si gonflé de sève ! Je me sens vivre à la fin d’un long rêve ; Peut-être aussi j’aurai mon renouveau.

Autour de moi la nature est à l’œuvre : Toute eau jaillit, toute aile a pris son vol ; Des flancs de l’orme où niche un rossignol, Voyez sortir la guêpe et la couleuvre.

Moi, dans mon âme ouverte à ce soleil, Je sens germer des fleurs inaperçues ; Les flots captifs ont trouvé leurs issues, Et tout frémit dans un vague réveil.

Dernier printemps, j’obéis à tes charmes ! Viens de ma sève épuiser le trésor ; Fais-en jaillir ce qui me reste encor… Des souvenirs, des soucis et des larmes.

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