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1875

AU LECTEUR

Victor LAPRADE

Pardonne-moi, lecteur, ce monde où je te mène ; Nous habitions jadis un tout autre domaine ; Sur de libres sommets nous prenions nos ébats. On nous a tant crié : « Plus bas, plus bas, plus bas !»

Qu'il a fallu se mettre au niveau de l'époque : Nous y voilà !… tant pis si ce goût est baroque. Donc, il faut être humain, vrai, réel, actuel. Quitter enfin la lune et le septième ciel.

Savoir son temps, le voir tel qu'il est, et le peindre. Je l'ai fait cette fois, on ne peut plus se plaindre : Tout ce monde est fort plat, fort laid, fort dégoûtant. Et l'Homme de Décembre en doit être content.

J'ai peint d'après nature, étant fort incapable De rien imaginer en matière semblable. Ces fidèles portraits des grands et des petits Ne sont pas brevetés… mais je les garantis

Rien n'est là de mon cru, je vous le certifie ; J'ai fait tout bonnement de la photographie

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