Le puits profond était poli comme un miroir ;
Le ciel s'y reflétait tout bleu, pur de nuages,
Faisant d'azur et d'or un nimbe aux frais visages
Des amoureux penchés et ravis de s'y voir.
Sur le riant cristal encadré d'un mur noir
Se jouaient leurs yeux vifs en mille badinages ;
Lancés du bout du doigt entre ces deux images,
Les baisers voltigeaient dans le sombre couloir.
Voici qu'aux doux signaux et qu'à l'œillade folle
La source en bouillonnant vient couper la parole :
Du flot qui les traduit !e sourire est moins clair…
Mais pour se mieux parler, dans ces brèves tempêtes.
Mêlant leurs cheveux blonds, ils rapprochaient leurs têtes,
Et les baisers cessaient de se perdre dans l'air.