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1812

LA PERVENCHE

Alphonse LAMARTINE

Pâle fleur, timide pervenche, Je sais la place où tu fleuris, Le gazon où ton front se penche Pour humecter tes yeux flétris !

C’est dans un sentier qui se cache Sous ses deux bords de noisetiers, Où pleut sur l’ombre qu’elle tache La neige des blancs églantiers.

L’ombre t’y voile, l’herbe égoutte Les perles de nos nuits d’été, Le rayon les boit goutte à goutte Sur ton calice velouté.

Une source tout près palpite, Où s’abreuve le merle noir, Il y chante, et moi j’y médite Souvent de l’aube jusqu’au soir.

Ô fleur, que tu dirais de choses À mon amour, si tu retiens Ce que je dis à lèvres closes Quand tes yeux me peignent les siens !

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