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1839

A UNE JEUNE FILLE

Alphonse LAMARTINE

Que notre œil l'un dans l'autre pose Triste, quand nous nous regardons ! Nous manque-t-il donc une chose Que du cœur nous nous demandons ?

Ah ! je sais la pensée amère Qui de tes regards monte aux miens ! Dans mes yeux tu cherches ta mère, Je vois mon ange dans les tiens.

Quoique ta tristesse ait des charmes, Ne nous regardons plus ainsi : Hélas ! ce ne sont que des larmes Que les yeux échangent ici !

La mort nous sevra de bonne heure, Toi de ton lait, moi de mon miel ; Pour revoir ce que chacun pleure, Pauvre enfant, regardons au ciel !

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