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1839

A AUGUSTA

Alphonse LAMARTINE

Bulbul enivre toute oreille De sons, de musique et de bruit ; Sa voix éclatante réveille Les échos charmés d'une nuit ;

La douce et blanche tourterelle N'a qu'une note dans la voix, Mais cette note est éternelle, Et ne dort jamais sous les bois ;

C'est un souffle qu'amour agite, Un soupir qui pleure en sortant, C'est un cœur ému qui palpite, Une ame sans voix qu'on entend.

Plus on écoute et plus ou rêve, En vain ce soupir n'a qu'un son, L'oreille attend, devine, achève, Et l'ame vibre à l'unisson.

Celui qu'un double charme attire Entre l'ivresse et la langueur, Écoule, hésite, et ne peut dire Lequel est l'oiseau de son cœur !

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